Extension des bureaux de l’OMPIC à Casablanca

projet_020_Extension_bureaux_OMPIC_page_018

Localisation du projet

Le projet se situe à l’entrée de Casablanca, à proximité de Casa Near Shore sur la parcelle de l’Office Marocain de la Propriété Industrielle et Commerciale. Il consistera à créer une extension connectée à la façade sud du  bâtiment principal situé au centre de la parcelle.

Un volume en brique rouge, un lien avec les bâtiments existants

L’extension du bâtiment principal de l’OMPIC doit s’ancrer dans le site et s’intégrer dans la composition architecturale de l’ensemble. Ce dernier est composé de volumes blancs et rouges ponctués de masses rythmées par des percements verticaux rappelant les kasbahs. Ces monolithes sont revêtus d’un matériau ocre faisant référence à un matériau noble ancré dans la tradition marocaine et dans le patrimoine industriel mondial, la brique terre cuite. La problématique posée sur ce site est la suivante :  comment créer un bâtiment intégré à l’existant, tout en gardant son authenticité et son originalité ? La piste choisie est de réinterpéter un matériau en évitant de le copier et de générer une façade nouvelle en s’inspirant d’un motif d’ouverture existant.

Inspiré des mêmes références que l’architecture du site, j’ai décidé de créer un volume ajouré en brique de terre qui viendra compléter la composition des bâtiments existants dans l’enceinte de l’OMPIC. En effet le choix de ce matériau assurera la cohérence en termes de matérialité et de volumétrie.  Toutefois il ne peut pas être une masse fermée, car sa fonction principale de bureaux nécessite une ouverture importante pour des raisons de confort. En partant du motif des percements verticaux existants, j’ai choisi d’utiliser ce dernier de manière répétitive afin de créer l’effet d’une résille en terre largement ouverte sur le paysage tout en maintenant l’homogénéité de la façade. La variation est apportée par des différences de largeur et de positionnement selon les étages.

Un hall central reliant le bâtiment principal au bâtiment existant

Le bâtiment neuf devra être relié au bâtiment principal de l’OMPIC. Au lieu de créer des halls privatifs à chaque bâtiment, il serait intéressant de profiter de cette liaison entre les deux entités pour créer une entrée accessible depuis l’espace jardin. Cette passerelle devra être reliée au plancher bas du bâtiment principal, tout en assurant une accessibilité PMR fluide entre les 2 bâtiments et l’extérieur. Le hall sera complètement vitré afin de le rendre visible depuis l’extérieur tout en lui apportant un maximum de lumière dans un espace contraint à 4 mètres de largeur. Ce dernier compte une superficie de 26 m² et fait office de sas d’entrée aux deux bâtiments au moyen de portes vitrées. L’économie réalisée de par la mutualisation du hall avec la passerelle permet de dégager de l’espace supplémentaire utile, notamment en ce qui concerne les espaces du personnel, ou des locaux techniques.

Organisation spatiale autour d’un noyau central

Le programme de cette extension est organisé en 5 étages dont un sous-sol, un RDC et un étage courant qui se répète sur 3 niveaux. Chaque niveau bénéficie d’une hauteur sous-plafond de 3,5m comme prévu dans la note de renseignement. Les normes de sécurité limitent la distance à traverser entre la porte d’un cul-de-sac et un escalier à 10 mètres. Au delà de cette distance à parcourir, 2 escaliers sont nécessaires. Afin de limiter le nombre d’escaliers et de concentrer les descentes verticales en un point central, l’organisation du bâtiment se fait autour d’un noyau qui organisera tout le reste du bâtiment. Ce dernier comprend tous les espaces techniques tels que l’ascenseur, un escalier de 2 unités de passage, un local technique divisé en deux parties, des sanitaires accessibles aux PMR hommes et femmes, des gaines techniques. Ce dispositif permet aussi de mettre à disposition une kitchenette ouverte sur la façade extérieure.

Deux travées libres et reprogrammables dans le temps

Le reste des espaces se déroule à l’extérieur du noyau en 2 travées vides que le maitre d’ouvrage pourra programmer à sa guise durant les études, et éventuellement pour une transformation. L’absence de poteaux dans ces espaces permet en effet de partitionner les deux travées librement, tout en leur procurant la lumière naturelle et l’aération sur un principe de façade généreusement ouverte sur l’extérieur sur tout le linéaire.

Le sous-sol et sa terrasse accessible

L’Openspace du sous-sol est identique à celui des étages courants, sauf qu’il dispose d’une seule façade. Afin de palier au désavantage d’être enterré le choix a été fait de créer une terrasse accessible permettant de profiter du ciel en l’agrémentant de quelques plantes grimpantes.

L’étage courant, une travée ouverte et une travée entièrement vitrée pour éclairer les couloirs à travers des étagères

L’étage courant est clairement divisé en 2 parties articulées  par le noyau d’espaces servants. L’openspace qui accueille le plus de personnel est orienté sur le jardin et le restaurant . Il bénéficie d’une triple orientation sur les façades Nord/Est/Sud. De l’autre côté, les bureaux des responsables et du directeur sont partitionnés par des parois entièrement vitrées et des étagères, ce qui permet d’éclairer le couloir qui les relie. Ils bénéficient d’une vue dégagée sur l’horizon. Le bureau du directeur dispose d’une double orientation ainsi qu’un lien direct avec une salle de réunion reliée à l’open space. La kitchenette est ouverte sur la façade, attenante à une salle de réunion, ce qui pourrait s’avérer pratique durant les repas. Une passerelle relie le projet au bâtiment existant depuis l’Open Space.

Partitions par le mobilier

L’Openspace est divisé par une série de rayonnages perependiculaires au jardin sur le site, ce qui permet à la fois de bénéficier de cadrages, et de bonnes relations avec l’espace extérieur. La paroi du noyau est meublée par un meuble ou des étagères permettant d’accueillir des casiers et des copieurs ou autres équipements techniques communs. Une circulation de deux unités de passage permet d’aller et venir sans se heurter le long des copieurs. Les espaces sont divisés en cellules de 4 bureaux regroupés en ilôt central avec chacun ses étagères adossées. Les bureaux des responsables et du directeur quant-à-eux sont separés par des étagères et des cloisons vitrées.

La trame poteaux poutre : un système constructif simple, flexible et économique.

Le système constructif est simple et économique. Il s’agit d’une trame traditionnelle de poteaux de 30 cm d’épaisseur et de 4m à 7m de portée. Ces derniers se situent dans la façade, et dans le noyau . Ils sont reliés par des poutres longitudinales de 60 cm de retombée dans un sens unique afin d’éviter de créer des poteaux dans les espaces de bureaux, et de minimiser le coût du gros oeuvre en se dispensant de poutres transversales. Un mur de soutènement sera nécessaire pour créer une cour anglaise générant un éclairage pour travailler en sous-sol. En effet, décaler les niveaux entre les deux bâtiments engendre des difficultés d’accessibilité PMR et de liaison avec l’existant. Les fondations sont essentiellement composées de semelles isolées, conformément à l’étude des sols, celles-ci sont reliées par des longrines. Cependant il faut noter qu’en sous-sol, il faudra couler un mur en béton armé pour retenir la terre, ainsi qu’un mur de soutènement, ce qui nécessitera des semelles filantes dans le pourtour. Cette configuration optimale pour le programme actuel servira de base pour être affinée avec un bureau d’études.

La brique, un matériau noble et durable pour une enveloppe à haute performance

La brique de terre n’est pas uniquement un matériau de revêtement, c’est aussi une matière naturelle qui a une histoire, qui véhicule une image de continuité avec la terre. Sur plusieurs aspects c’est un choix  économique et écologique. D’une part, elle est très disponible car elle est essentiellement fabriquée à base de terre, mais elle a aussi la capacité de ralentir la pénétration du froid et de la chaleur dans les parois, à condition d’utiliser une lame d’air ou un matériau isolant. Dans notre cas, la paroi du bâtiment en partant de l’extérieur vers l’intérieur est revêtue d’une brique rouge pleine de 10cm de profondeur, ensuite d’une isolation par l’extérieur de 10cm à base d’un matériau organique (laine ciment, laine de chanvre…). L’isolation par l’extérieur a plusieurs avantages. En effet, celle-ci permet de garder la masse inertielle des murs à l’intérieur des bâtiments et par ce fait de pouvoir accumuler la chaleur ou la fraicheur. Elle permet aussi d’avoir les murs à une température proche de l’air intérieur (sensation de paroi chaude, très importante pour le confort en hiver). Enfin, elle est un excellent moyen d’éviter les ponts thermiques. Cette continuité est totale dans notre cas car il n’y aucun élément en saillie sur la façade. Ce dispositif permet au bâtiment d’atteindre de grandes performances énergétiques en termes d’isolation. Ensuite, dans la composition de la paroi nous avons la structure poteaux poutres de 30cm remplie par une brique creuse traditionnelle, ce qui permet de doubler l’isolation à l’exception des endroits ou les poteaux sont positionnés. L’intérieur de la paroi est fini par un un enduit en platre peint en blanc.  Le choix de masquer les poteaux à l’intérieur permet à la fois une bonne isolation avec 55cm de mur, mais aussi de garder l’aspect d’un mur creusé et rythmé par des ouvertures verticales.

Une façade largement ouverte par de grandes fenêtres alternant fixes et ouvrants.

Dans une approche de confort pour l’usager, de flexibilité, et pour des choix esthétiques, l’approche bioclimatique a été de concevoir ce bâtiment comme une grande boîte à lumière homogène mais largement ouverte sur les façades ensoleillées et contrôlable manuellement afin de capter le maximum d’énergie solaire, et diminuer le chauffage pour  le confort d’hiver, tout en réduisant les rayonnements l’été. C’est la raison pour laquelle, la façade bien que massive, est généreusement ouverte sur les orientations Est-Sud-Ouest, avec une densité plus importante sur la façade Sud. Pour le confort d’hiver, un dispositif de store en toile enroulable permettra d’occulter l’espace selon le désir de l’utilisateur. Ces ouvertures sont marquées par de nombreuses baies vitrées. Leur nombre et leur densité sont répartis selon les orientations afin de créer un effet d’aléatoire et d’animation amplifié par les positions verticales des stores. Il existe deux types de baies : une de 3 mètres de hauteur par 0,9 mètres de largeur, et une de 3 mètres par 0.6 mètre. Afin de faciliter l’entretien et la flexibilité d’usage, toutes les fenêtres disposeront d’un ouvrant permettant de ventiler naturellement, ou de répondre à des besoins de sécurité incendie. Les ouvrants seront choisis par le maitre d’ouvrage, il existe plusieurs types, soit en allège soit en porte fenêtre. Cela pourra être determiné durant les prochaines phases d’étude.

 



Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :